Est-ce notoirement le néant commercial (réseau Saab limité au SAV, panneaux quasiment tous descendus, véhicules neufs "collector") dans lequel se trouve NEVS, le repreneur chinois des actifs du groupe Saab Automobile (ex-Spyker, ex-GM), depuis octobre 2012?
Est-ce la procédure de "redressement judiciaire" qui n'a que trop duré et qui s'est achevée finalement en Mai dernier dans le silence remarquable de l'espéré Mahindra?
Est-ce l'absence de business plan digne d'un constructeur automobile? Est-ce le caractère jugé exotique d'un plan de développement axé sur un marché non rentable à ce jour, le véhicule électrique?
Est-ce à cause des évidents transferts de technologie autour desquels se tissent les liens de "partenariat" chinois de NEVS qui n'a de suédois que la centaine d'employés qui travaillent pour elle et les murs d'une usine et d'un centre de R et D, anciennement à la pointe de la technologie?
Est-ce finalement, comme le prétend l'AFP qui tire sa source d'un journal peu intellectuel et fiable s'il en est, SVD.SE, l'absence d'implication du groupe aéronautique Saab AB, qui ne voudrait pas ou n'aurait pas été contacté par NEVS (choisissez la version la moins pessimiste qui vous plaît) au sujet de l'utilisation de la licence de marque "SAAB" ?
Au nom de Saab Automobile et de l'héritage reçu de tous ceux qui ont eu le privilège - grisant, j'ose le dire - de travailler pour le développement des voitures originales avec lesquelles nous voyageons encore (et non cela ne se limite de loin pas à la 900, seule Saab visiblement connue de l'AFP), il ne me semble pas possible de tirer une conclusion aussi définitive que celle "vendue" par l'AFP pour son "micro-buzz-auto" du jour.
Cela n'a en réalité plus aucun sens de conclure cela, maintenant, alors que cela fait bien 3 ans que quasiment rien (sauf quelques 9-3 aux sièges "bizzares" :D) ne sort d'usine à part les pièces détachées pour le compte d'ORIO AB la société de SAV nationalisée après la faillite du constructeur en 2010. Depuis la vente forcée de Saab à Spyker par General Motors, avec un contrat qui rendait impossible toute cession postérieure, la messe est dite, rien de pire ne pouvait vraiment arriver, encore moins après l'échec inévitable de Spyker.
Le rachat de certains actifs par NEVS pouvait laisser espérer une suite mais les faits évoqués brièvement ci-dessus ont progressivement endormi, chez moi du-moins, tout espoir sérieux de revoir un produit de la marque Saab commercialisée en France avant 2020. Si l'histoire de Saab s'est donc apparentée in fine à celle de Rover, la volonté et je dirais même la naïveté de Spyker et NEVS ont été jusque-là sincères (et catastrophiques) mais les moyens inexistants. Dongfeng est le premier nom de groupe financièrement solide qui vient sur le tapis depuis la mise en faillite de Saab (et de GM) en 2009.
Mon espoir est qu'un "grand" comprenne la force et l'histoire de cette marque, telle BMW avec Mini. Certains évoquent encore un indien ici, d'autres que Saab AB n'aurait pas d'objection de fonds sur la licence d'utilisation, d'autres enfin que tout reste possible... Dans la conjoncture mondiale, le marché de remplacement occidental et le marché de développement chinois ne laisse pas de place à beaucoup d'options. Au fond le V.E. est encore une forme d'audace pour Trollhättan car tout est à construire sur ce marché encore embryonnaire. L'enthousiasme est toujours là chez NEVS. Je leur souhaite une belle réussite et leur assure ma fidélité de coeur pour les efforts qu'ils accompliront pour que la marque Saab Automobile rayonne sur nos routes et que notre sourire de conducteur, lui, reste intact.




