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mardi 15 avril 2014

Communiqués de presse: NEVS et ORIO AB signent un accord de distribution de pièces détachées. Les premières livraisons des nouvelles 9-3 aux partenaires suédois

Deux communiqués de presse ont paru ce jour après quelques mois de silence... Le premier communiqué concerne les deux seuls marchés - pour l'instant - de NEVS, la Suède et la Chine, le deuxième la Suède uniquement. En réalité via les futurs importateurs (les Pays-Bas ont déjà un importateur déclaré), ce sont tous les futurs acheteurs de Saab qui sont concernés.
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Nevs et Orio AB signent un accord de distribution mondiale de pièces détachées pour les nouvelles Saab


National Electric Vehicule Sweden AB, NEVS, a sécurisé l'approvisionnement en pièces de rechange pour ses voitures nouvellement fabriquées par Saab grâce à un accord avec Orio AB, anciennement connu sous le nom "Saab Automobile Parts AB". L'accord signé aujourd'hui assure la fourniture de pièces de rechange pour les nouveaux clients de Saab. 



L'accord mondial de distribution garantit que les pièces de rechange pour les nouvelles Saab 9-3 fabriquées par NEVS à Trollhättan en Suède peuvent également être commandées auprès de Orio AB. Pour le service et les réparations ainsi que les mesures de garantie, NEVS invite ses clients vers les réparateurs agréés Saab existants.
" Nos nouveaux clients Saab sont désormais assurés que l'approvisionnement à long terme de pièces de rechange sera garanti auprès du réseau Saab. Orio AB et Nevs sont heureux de nouer des liens plus étroits entre leurs deux sociétés, puisque notre accord donne à tous les clients Saab un service haut de gamme», a déclaré Jonas Hernqvist , Directeur des Ventes et du Marketing de NEVS.


Les premières livraisons de Saab aux distributeurs suédois partenaires de NEVS


Le 15 avril 2014, la livraison des premières nouvelles berlines Saab 9-3 Aero pour le marché suédois a démarré pour les sociétés partenaires de NEVS en Suède.



Actuellement, les Saab sont notamment commercialisées en Suède pour les clients suédois via la vente directe en ligne, qui permet aux acheteurs de tester, de passer commande, puis de prendre livraison de la voiture à l'usine même de Trollhättan. Selon un accord de coopération signé récemment entre NEVS et ses partenaires suédois, les test-drive de Saab, les commandes et les achats pourront désormais également être proposés dans une vingtaine de villes supplémentaires en Suède.

Premières livraisons de Saab (en Scania ;-) ) aux nouveaux distributeurs suédois partenaires de NEVS

lundi 17 février 2014

Classic car of the year: Saab 99 Rally replica


Turbo victory!


Erik Uppsälls rally equipped Saab 99 Turbo won the Swedish classic car magazine: Klassikers competition, Classic car of the year 2013! Klassikers readers have spoken. Winner of the title year's Classic was by far Erik Uppsäll and his Saab 99 Turbo.
- It's fun, says Erik. It's have been a hard job to make it a rally car but it has been worth it.
It is not the first victory trophy as Erik Uppsäll receive, in the garage you can find trophies of various sizes and tightly packed. He began rallying in the mid -1970s in a Saab V4 and has been the model faithful - for a couple of years ago when he decided to trade up to Saab 99. Saab's original factory team exists only a few cars, Eric's car is built afterwards, but after the homologation documents.- Saab did not have much money then, says Erik. The cars were built by hand with many borrowed parts. Rear brakes were taken from Porsche 914 - they wanted to handbrake would take the back wheels. The injection came from the Porsche 928.

samedi 12 octobre 2013

NEVS, toujours intéressé par Saab Automobile Parts

NEVS still looking on Saab Automobile Parts


Depuis 2010, Simon Warburton écrit pour le site britannique de news automobile Just-Auto. Entre autres signes particuliers, il parle le français couramment, il s'est spécialisé dans le business du transport aérien avant de s'intéresser de plus près au secteur des équipementiers européens autour de la gigantesque association CLEPA ; dans cette perspective Simon a été amené à regarder de plus près le destin passé, actuel et futur de Saab.

A l'occasion d'un forum organisé jeudi dernier en Suède par l'association locale des équipementiers scandinaves, le FKG, l'auteur nous livre quelques pépites...


- REVANCHE SILENCIEUSE -
L'automne est arrivé avec un esprit de revanche dans cette partie de l'Ouest de la Suède où je séjourne pour le forum annuel des équipementiers FKG (...), c'est un fait qui me saute aux yeux en regardant à travers la fenêtre du train qui me conduit de Göteborg à la ville natale de Saab, Trollhättan.
Quand il arrive sur place, (...) l'usine lui semble "vide et sans âme mais alors que ce n'est pas encore une véritable ruche en activité, au-moins y a-t-il de véritables signes de vie  des chaînes de production qui passent leurs processus de validation avant une date de redémarrage imminent..."

Très lucide sur les médias, Simon ne blâme pas NEVS pour ce temps d'attente ou cet apparent silence, au contraire:
Peut-être que l'avalanche de publicités négatives ayant entouré la précédente vie de Saab - et qui de toute évidence est sans rapport avec les propriétaires actuels - a rendu [NEVS] prudent concernant les attentes suscitées, donc ils s'avancent vraiment tout doux, tout doux. (post complet sur Just-Auto ici)


- AUTO-JUSTIFICATION DU GOUVERNEMENT SUEDOIS -
Lors du forum du FKG jeudi, le gouvernement suédois était représenté: face aux équipementiers dont certains ont perdu des millions dans la faillite de la société Saab Automobile AB (et dont les actifs et le nom de marque ont été rachetés par NEVS - précision faite ici pour les nouveaux ;) ), il fallait bien que les politiques nous refassent le couplet de la tragédie grecque, l'oraison funèbre destinée à éviter toute recherche de responsabilité politique alors que la justice, elle, s'acharne encore sur les anciens cadres qui ont tout donné pour essayer de sauver la société à l'époque...
"Malheureusement, il était nécessaire de laisser partir Saab", a déclaré à Just-Auto Hakan Ekengren, secrétaire d'Etat suédois de l'Entreprise (...) Ce fut une décision très difficile - le gouvernement n'était pas préparé pour intervenir. La politique est d'aider les entreprises qui ont la possibilité de survivre, mais dans cette situation chez Saab, il n'y avait aucune possibilité."
Merci pour cet "éclair de lucidité" qui refait l'histoire politico-financière de la séparation désastreuse de Saab du géant américain (2009-2011): no comment!


- SAAB PARTS DANS L'OEIL DE NEVS -
Beaucoup plus intéressant pour nous, à l'occasion de son passage à Trollhättan, Simon Warburton, a pu surtout avoir quelques échanges dignes d'intérêts au sujet de Saab Automobile Parts AB.

Je vous rappelle que la société d'Après-Vente, ex-filiale de Saab Automobile AB (aujourd'hui liquidée), a été nationalisée à la suite de la faillite de Saab Automobile AB. Le gouvernement suédois, qui s'était porté garant de ladite société auprès de la BEI pour un prêt débloqué à hauteur de 220 millions d'euros, ayant été appelé en paiement en lieu et place du débiteur en défaut, avait donc fait jouer son nantissement des actions qu'il avait pris en 2010 en contre-garantie sur la filiale de pièces détachées à Nykoping, Saab Automobile Parts AB.

Récemment, nous nous interrogions avec raison sur le sens caché du dernier  communiqué de presse de Saab A. Parts AB: la société souhaite changer de raison sociale et prendre le nom de ORIO AB, au prétexte évoqué: diversification de ses marchés, le nom de marque Saab pourrait poser un problème commercial.

Or... :
National Electric Vehicle Sweden (NEVS) affirme qu'elle n'exclut pas une offre pour Saab Parts, afin de fournir un service après-vente de qualité pour les futurs clients.

"Nous discutons avec le gouvernement suédois concernant l'avenir de Saab Parts", a commenté un porte-parole de NEVS pour Just-Auto à Trollhattan. Nous pensons que cela pourrait être intéressant pour nous puisque nous avions répondu à l'appel d'offres de la société quand elle était à vendre. Cela pourrait être positif pour nous de posséder la logistique de Saab Parts."

"Le marché secondaire est très important et nous voulons parler ici d'une marque excellente dans sa relation avec les clients - il va être facile de devenir propriétaire d'une Saab dans l'avenir - qu'elle aura en charge."
"Il va être facile de devenir propriétaire d'une Saab dans l'avenir": Comment interpréter cette parole dont l'enthousiasme semble être presque un dérapage dans la bouche du si discret NEVS?!...

Le porte-parole de NEVS a souligné la détermination de l'entreprise à réexaminer la question Saab Parts, notant: "Il est dans notre intérêt d'acquérir la société d'une manière ou d'une autre - nous devons maîtriser l'Après-vente évidemment."
Faut-il donc y voir un lien avec le changement de nom de Saab Automobile Parts AB? Le gouvernement peut-il vraiment vendre la société d'Après-Vente Saab Automobile Parts AB au prix où il l'a acquise de droit (env. 230 M€)? Sans doute pas. Comment contourner une vente à NEVS, constater la moins-value dans ses comptes sans pour autant être accusé de favoriser financièrement le repreneur de Saab? C'est peut-être de ce côté qu'il faut donc chercher la justification d'une diversification des activités de Saab Automobile Parts et de son changement de nom. Une stratégie de négociation pour pousser NEVS à y mettre le prix, un moyen juridique pour pour faciliter la transaction? Nous le saurons sans doute bientôt.

Comme le rappelle NEVS, dès lors qu'ils entendent produire prochainement des nouvelles Saab en série, il est évident que le marché secondaire de Saab est de première importance (maîtrise de la relation clients après-vente, de l'image de marque mais aussi rentabilité forte du marché secondaire, on le sait bien...). Par ailleurs, le responsable des achats avait déclaré cette semaine qu'il souhaitait à terme pouvoir réduire le nombre de contrats avec les fournisseurs, ce qui signifie clairement que certaines pièces devraient être fabriquées directement par NEVS, voire une de ses filiales de pièces détachées? C'était pourtant le cas sous l'ancienne ère de Saab. Pourquoi se priver d'une marge sur certaines pièces si on peut éviter de les sous-traiter?... Bref, autant d'arguments évidents pour que NEVS soit plus qu'intéressé à posséder un fournisseur de pièces Après-vente à la hauteur de ses ambitions (cachées).

L'article de Simon se termine par quelques mots au sujet des relations de NEVS avec la ville de Trollhättan, siège de Saab, qui avait essuyé en 2011 quelques 4.000 licenciements suite à la faillite de l'ancienne société Saab Automobile AB. NEVS rappelle qu'ils continuent peu à peu à embaucher du personnel avant le redémarrage imminent du modèle 9-3. (...)
"Nous avons un très bon dialogue avec la région et de Trollhattan [ainsi que] le Conseil de Göteborg", a déclaré le porte-parole de NEVS qui prend le soin d'ajouter: "nous n'avons reçu aucun financement [de leur part]."
 Lire l'article en entier sur Just-Auto.com ici 

Au moment où je finalise ce post, le site de Saab Automobile Parts est hors service. Il semble bien qu'un changement soit en cours, mais lequel?...

vendredi 6 septembre 2013

Le FKG salue l'opportunité que constitue pour les équipementiers la reprise de la production à Trollhättan

SWEDEN: FKG hails supplier opportunity as NEVS gears up for production

Le FKG, association représentant les équipementiers automobiles scandinaves, a salué l'opportunité donnée par NEVS concernant le retour de la production.



L'association FKG a souligné les possibilités offertes aux fabricants suédois de composants par la société National Electric Vehicle Sweden (NEVS) concernant une production qui pourrait commencer cette année.

NEVS a recruté du personnel depuis l'automne dernier pour un possible redémarrage de la production en fin d'année, d'abord du modèle 9-3 à motorisation conventionnelle mais avec l'intention de proposer des véhicules électriques en 2014.

Le FKG a également salué le professionnalisme du constructeur à propos des contrats avec les fournisseurs, au moment où l'usine Saab de Trollhättan est en train de redémarrer:
"Ils [NEVS] offrent des prix et des conditions intéressantes - ils [sont] très professionnels quand ils rencontrent desfournisseurs," a dit le Président du FKG, Fredrik Sidahl à Just-Auto depuis Göteborg.

"Ils sont maintenant 500 employés à Trollhattan (je suis convaincu que la production débutera cette année): ceci est un signe très positif. Ils sont sérieux. C'est une grande opportunité pour les équipementiers suédois."
NEVS est en phase de signature avec tous les fournisseurs dont il a besoin pour l'approvisionnement des pièces, bien que le constructeur ait dit à Just-auto le mois dernier qu'il avait déjà signé avec une «vaste majorité» d'entre eux.

Saab employait officiellement environ 4.000 personnes à Trollhättan avant sa liquidiation judiciaire fin 2011 ; un redémarrage de la production fournirait clairement une dynamique bienvenue à la ville qui se situe à environ une heure au nord-est de Göteborg.

Lire l'article original en anglais sur Just-Auto.com ici

dimanche 12 mai 2013

Edito: Trollhättan, Terre Promise? [FR]

Matt Damon dans Promised Land de Gus Van Sant
Je suis allé voir récemment le dernier film de Gus Van Sant, Promised Land. Ce n'est pas un film d'action et – j'ajoute par précaution – il n'y a pas de Saab mise en scène dedans.
Steve Butler, représentant d’un grand groupe énergétique, se rend avec Sue Thomason dans une petite ville de campagne. Les deux collègues sont convaincus qu’à cause de la crise économique qui sévit, les habitants ne pourront pas refuser leur lucrative proposition de forer leurs terres pour exploiter les ressources énergétiques qu’elles renferment. Les choses ne vont pas se passer aussi facilement alors qu'un enseignant respecté critique le projet et qu'un activiste écologiste va affronter Steve aussi bien sur le plan professionnel que personnel… 
Alors que le parti pris du réalisateur est plus intimiste que politique ou économique et social, il fait néanmoins écho à quelques discussions récentes que j'ai pu avoir avec quelques amis saabistes, inquiets avec raison peut-être de l'avenir de Saab à Trollhättan. C'est un édito un peu atypique et surtout très long où j'évoque de façon plus approfondie une approche économique au-delà de Saab et du secteur de l'automobile. C'est peut-être un peu technique, j'ai essayé de simplifier beaucoup. Passez au post suivant si vous êtes fatigués là ;)

L'exploitation du gaz de schiste aux États-Unis constitue actuellement l'un des leviers les plus puissants pour faire repartir l'économie du pays pour les 10 prochaines années selon certains analystes. Je ne vais pas ouvrir le débat du « pour ou contre » car ce n'est pas ici ce qui m'intéresse. Dans le film de Van Sant – et dans la réalité – nous assistons aux États-Unis à une nouvelle « ruée vers l'or » - aujourd'hui c'est le gaz de schiste – dans des zones que l'industrie a désertées et où les gens survivent avec l'agriculture et des aides d’État surtout. La question des ressources naturelles comme puissance de feu économique dans des pays de plus en plus désindustrialisés se pose avec une acuité particulière. En négatif, par contraste, en l'absence de ressources naturelles, on doit pouvoir comprendre les opportunités et les menaces que constitue la délocalisation des outils de production dans l'automobile. Une autre ressource ne doit cependant pas être oubliée...

Je vais faire un très long excursus économique maintenant, avant d'essayer de retomber sur mes pieds en gardant à l'esprit une question : NEVS, le repreneur des actifs de Saab, va-t-il délocaliser les productions en Chine ?

Pourquoi la croissance de la valeur ajoutée, les fameux « points de croissance de PIB », est-elle un indicateur si important pour notre quotidien ?

La valeur ajoutée, c'est, comme son nom l'indique, la valeur d'un travail (intellectuel, artisanal, industriel ou commercial) ajoutée au produit vendu, au chiffre d'affaires. Elle est égale au produit des ventes de biens et services moins les achats de matières premières, de composants intermédiaires, les charges courantes et la sous-traitance. La valeur ajoutée doit être suffisante pour payer ensuite les salaires, amortir les investissements et enfin générer une capacité d'autofinancement pour financer les futurs développements.

Pour simplifier ici, je vais sortir des normes comptables: j'utiliserai l'expression « matière première » à la fois pour désigner la matière première (pétrole, acier, etc.) stricto sensu, mais aussi les composants intermédiaires (une pièce achetée à un tiers et que j'utilise pour mon produit final), le « savoir-faire » (qui est inclus en principe dans les salaires et non dans la valeur ajoutée) et même l'argent car, même si cela n'a rien à voir avec ma production, il est certain que l'argent dont je dispose (par autofinancement ou dette) a un effet de levier s'il est investi en actif productif mais aussi un coût qui varie et que doit aussi couvrir la valeur ajoutée que j'espère dégager – l'industrie est gourmande de « savoir-faire » et de liquidités.

Si votre ratio valeur ajoutée/produit est faible, toute augmentation du prix de vos matières premières – que cette matière première s'appelle donc l'argent (la dette a bien sûr un effet de levier), le pétrole, l'agriculture, le savoir-faire (savoir technologique et main d’œuvre), etc. – va ralentir mécaniquement votre capacité à investir. Or aucune matière première n'a un prix fixe. Tout est question d'offre et de demande. Si le prix de la matière première augmente, cela a des conséquences mécaniques sur l'emploi, le pouvoir d'achat et la demande intérieure.

Étant donné l'interdépendance de l'économie avec une quantité de paramètres extérieurs à l'économie elle-même, le taux de croissance 0 n'existe pas en réalité : soit on monte, soit on descend. A la rigueur on lisse le tout avec de la dette – ce que fait le Japon – pour éviter la décroissance. Tout est spirale, ascendante ou descendante. On peut bien lutter empiriquement contre les bulles de croissance pour éviter les chutes mais, fondamentalement, c'est contraire au principe même de l'économie. Un secteur a le vent en poupe, il attire les capitaux, les financiers revendent les capitaux de plus en plus chers, chacun prend sa valeur ajoutée au passage et ça monte, ça monte, ça monte. Et quand un jour le doute survient, ça repart en sens inverse et ça fait mal car dans la chaîne économique, il y a les gros qui ont les moyens d'anticiper et les petits qui ne voient rien venir et se prennent le mur. C'est injuste ? Oui. Si on peut lutter contre les inégalités économiques a posteriori, a priori ce n'est pas possible, sauf à supprimer la liberté économique...

Bref, pour conclure rapidement ce premier point, ce qui compte pour une région ou un secteur économique donnés, c'est sa capacité à s'enrichir, à ajouter de la valeur à ce qu'elle vend pour non seulement rémunérer socialement le travail mais aussi générer une rentabilité finale suffisante pour pouvoir réinvestir ensuite.

Pour ajouter de la valeur, il n'y a pas 36 solutions ! Soit vous êtes assis sur un tas d'or et vous venez de le découvrir, soit vous avez de l'imagination et vous créez un nouveau produit ou service que tout le monde veut ; éventuellement vous réduisez au passage le plus possible vos coûts de production et misez sur des volumes de production très importants pour compenser un ratio valeur ajoutée/produit faible.

Quand vous avez du pétrole comme la Norvège, ça simplifie beaucoup les choses. Quand vous n'avez pas de matière première en quantité suffisante pour faire de la croissance, c'est très simple, il faut que vous ayez un savoir-faire qui s'exporte sinon je ne vois pas comment une région peut s'enrichir à long terme si elle tourne en circuit fermé ! Les pays qui ont la matière première (pétrole, gaz, capitaux, haute-technologie) et dont vous avez besoin pour produire votre produit génial-que-tout-le-monde-veut-acheter vont vous fournir. Vous vendrez ensuite vos produits finis/services et vous prendrez votre ajout de valeur en caisse pour 1° vivre le présent (= consommer) et 2° prévoir le futur (=investir ou épargner).

[Petite parenthèse ici, la dette financière (celle des États ou des ménages) n'est pas un problème en soi quand elle finance le futur : une dette d'investissement, si l'investissement n'est pas trop risqué, est une dette saine si le coût de la dette est inférieur à la valeur ajoutée du produit de l'investissement (que ce soit un produit fini ou un placement d'ailleurs). Une dette qui finance la consommation courante (que ce soit la dette de la Sécurité sociale ou le crédit revolving) n'a pas vocation à durer au-delà d'un cycle économique : elle peut stimuler l'économie provisoirement mais ne génère pas à elle seule l'achat d'actifs sources de plus-value]

Le problème n'est pas d'acheter la matière première (pétrole, agriculture, argent ou savoir-faire) chère ou pas chère, aux chinois ou aux allemands ou chez nous... Le problème est de pouvoir ajouter suffisamment de valeur à cette matière première pour pouvoir - je me répète - 1° vivre (suppose donc un train de vie corrélé au pouvoir économique) et 2° prévoir (anticiper les marchés en investissant ou en capitalisant selon les cycles). Si ce n'est pas le cas, outre la réduction de voilure qui s'impose de bon sens (réduction des coûts), on doit veiller à ce que la valeur ajoutée produite ne parte pas ailleurs; on peut par exemple taxer les importations de produits ne générant pas de valeur ajoutée chez nous et qui ne sont pas de première nécessité. Attention toutefois à ne pas vexer des pays dans lesquels nous exportons beaucoup (les Allemands ne sont qu'à moitié rassurés par la taxation des panneaux solaires chinois que veut l'UE parce que la Chine représente un grand marché pour leur secteur automobile). En affaires, on ne peut pas vouloir le beurre et l'argent du beurre. Si je taxe les importations, il vaut mieux le faire avec des pays qui n'achètent pas trop mes produits ou qui ne me vendent pas des matières premières « vitales » sinon on peut s'attendre au retour de bâton... A moins que... je m'unisse avec d'autres pays, par exemple dans un cadre régional plus large pour peser plus lourd, ce qui est (était?) la vocation de l'Union Européenne et qui, selon moi, est la seule voie possible pour que nous puissions négocier avec les grands, à condition d'avoir enfin un gouvernement économique commun, ce qui est très loin d'être le cas. A part l'Allemagne, tous les pays de l'Union Européenne ont une balance commerciale déficitaire avec la Chine...

Quand vous n'avez pas de ressources naturelles en quantités suffisantes pour alimenter la machine économique, l'exportation est incontournable pour enrichir le pays. Mais encore une fois, il s'agit de faire de la valeur ajoutée en exportant. Si mon prix de produit à l'export me coûte 50 en matières premières ou composants importés et 10 en charges d'exploitation, il ne me reste que 40 en valeur ajoutée. Dans cette vision partagée par la plupart des gouvernements occidentaux, l'exportation de services a le vent en poupe vu son ratio de valeur ajoutée/produit vendu naturellement très élevé. Au point qu'on oublie parfois que beaucoup de services sont incorporés dans la chaîne industrielle (design, ingénierie, marketing, logistique, etc.) elle-même.


Revenons maintenant à Trollhättan...
Depuis la faillite de Saab Automobile AB (décembre 2011), cette ville suédoise de 55.000 habitants a un taux de chômage qui dépasse les 16%, ce qui est beaucoup pour la Suède.
Avec le recul que nous avons aujourd'hui (vu le silence radio de NEVS nous "offre" pour cogiter), on peut se demander finalement quelle est la matière première dont Saab a manqué le plus pour qu'on en arrive là (alors que nous sommes tous encore à admirer les produits de cette marque): Saab a-t-elle manqué d'argent ?
- Oui à court terme, pour éponger les pertes, les liquidités n'étaient plus là. Mais pourquoi ?
- Dans un secteur éminemment concurrentiel où le coût du travail et l'import de composants bon marchés restent une donnée importante (la valeur ajoutée est faible par rapport au coût du travail et à celui de la distribution), ce qui a surtout fait défaut à Saab, c'est une vraie stratégie de marchés pour valider un business plan et attirer les énormes capitaux nécessaires au fond de roulement... Aucun financier n'est assez fou pour aller verser à flots des milliards dans une industrie fortement concurrencée qui vend un produit à valeur ajoutée très faible, avec des composants pour beaucoup importés et un business plan obscur au regard des chances de succès commercial et dépourvu d'une analyse suffisamment fine sur les échecs commerciaux passés.

Pour que Saab sorte du lot (des constructeurs généralistes semi-premium), il fallait soit s'orienter complètement sur le luxe où la valeur ajoutée est plus élevée par produit vendu, soit s'ouvrir d'urgence sur des marchés à fort potentiel de croissance comme... la Chine pour monter en volume et surtout abaisser de façon drastique les coûts de production : est-ce que Jan-Ake Jonsson et Victor Muller avaient bien cerné ces problèmes ? Sans aucun doute mais General Motors avait ficelé les choses de façon à ce que Spyker ne puisse pas rebondir sur le rachat de Saab: un actif clé était resté entre les mains de la société américaine nationalisée, à savoir les licences des plateformes 9-5NG et 9-4X et de toutes les motorisations.

Pour que Saab puisse s'en sortir économiquement avant sa faillite en 2011, il aurait fallu quelques années avant déjà: 1° revoir la stratégie produit et/ou de marchés (question de la valeur ajoutée) et 2° s'attaquer aux coûts de production (encore question de la valeur ajoutée). Pour cela, Spyker a manqué d'un capital vital : les licences technologiques qui étaient l'or noir capable d'attirer facilement des partenaires financiers à même d'aider Saab enfin sur le volet financier. Au-delà de Saab, au-delà de la valeur ajoutée manquante, le véritable enjeu était, on l'a bien vu, le « savoir-faire » dont une bonne part (les licences) avait été juridiquement gardée par l'Américain, mais non pas tout puisque les ingénieurs de Trollhättan n'étaient pas sous licence GM!


L'analyse du gouvernement suédois fut basiquement thatchérienne : pas de valeur ajoutée suffisante donc je ne m'endette pas pour le secteur de l'automobile. Et elle fut simpliste (a-t-il fait la somme des valeurs ajoutées induites dans le secteur par la présence de Saab?) à ce point-là puisque le gouvernement suédois pouvait s'appuyer sur les chiffres positifs d'autres secteurs économiques qui apportaient les points de croissance nécessaires pour assumer le coût social de cette désindustrialisation et du chômage.

Pourtant, dans la vente des actifs de Saab aux Chinois (même si l'habillage d'un consortium sino-suédois veut nuancer le propos), c'est une « matière première » et rien d'autre que sont venus chercher les nouveaux gérants du site de Trollhättan, cela ne fait aucun doute : le « savoir-faire », l'usine clé en main, constituaient pour eux une mine d'or dans la mesure où ils avaient un marché chez eux mais pas encore assez de savoir-faire pour produire seuls les voitures de demain. L'intérêt de la Chine sur ce marché en pleine croissance n'est-il pas de limiter la fuite de la valeur ajoutée vers l'Allemagne et les Etats-Unis ? Non seulement la demande intérieure chinoise est forte mais elle pourrait être plus rapidement satisfaite si les Chinois devenaient capables d'exporter des voitures au standard européen. L'intérêt des hommes d'affaires à la tête de NEVS se situent entre d'un côté son bras armé financier (l’État chinois) et de l'autre son « puits de pétrole » (l'ingénierie protégée par le gouvernement suédois).

A ce jour, nous attendons encore les annonces de NEVS concernant l'ancien réseau de distribution américain et européen de Saab ou bien le rachat de Saab Parts ou encore la production à destination de nos pays. Pas besoin de preuves supplémentaires : l'ancien fonds de commerce de Saab n'intéressait pas du tout NEVS, le repreneur des actifs de Saab! Et pour tout dire, je ne suis même pas sûr qu'il soit inquiet à l'idée de perdre le nom de la marque « Saab » si jamais il décidait de tout relocaliser en Chine ou de vendre ses actifs à constructeur chinois déjà implanté là-bas (en faisant une bonne plus-value bien sûr). C'est en tous cas une question qu'on peut se poser légitimement même si, pour l'heure, NEVS fait attention à ne froisser personne.

Or il semble que le gouvernement suédois ait compris enfin que l'enjeu de Saab n'était pas seulement une question de valeur ajoutée ou de licences technologiques mais aussi de ressources en « savoir-faire », en capacité de développement de nouvelles technologies. Après tout les licences GM ne vaudront plus grand chose dans 5 ans. Cela explique-t-il en partie les raisons du déplacement récent du Ministre de l'Entreprise suédois en Chine, aux côtés de NEVS ? C'est plus que probable. Les conditions mises à l'exploitation de la marque Saab sous réserve de maintenir un site de production en Suède ne suffisent pas et c'est maintenant que la Suède essaye de profiter de sa supériorité technologique pour la négocier sur un long-terme avec les Chinois, pays vers lequel ils exportent peu.

Certains habitants de Trollhättan redoutent aussi que la technologie partent en Chine avec la production. Il y a un passé désormais à Trollhättan, un temps qui n'est plus et une menace qu'à moyen terme ce temps ne revienne plus comme avant, principalement donc pour des raisons de marchés et de valeur ajoutée insuffisante par rapport au niveau de vie suédois et aux contraintes de capitaux nécessaires à l'industrie automobile.

Plus étranges et contradictoires à mes yeux sont les propos, lus ici ou là, de saabistes suédois qui écrivent redouter l'impérialisme économique chinois et militer pour une commercialisation de Saab à bas prix, à Trollhättan bien sûr, par des travailleurs suédois donc... Quel non-sens par rapport à tout ce qui précède, non? Il n'y a pas l'ombre d'un réalisme économique et commercial dans ces vœux pieux. La situation a été et reste suffisamment difficile à ce point pour qu'on évite désormais d'entretenir des mirages.

Si NEVS a bien identifié au-moins un marché – les volumes restent finalement à confirmer – c'est celui des véhicules électriques en Chine. La matière première que sont venus chercher les Chinois, c'est l'ingénierie à Trollhättan mais... Qu'on s'inquiète un peu car, dans ce domaine, certains investisseurs ont déjà construit en Chine (je pense à GM-SAIC) des sites de R et D. Alors de deux choses l'une : soit le produit Saab va être vraiment dans le haut du panier avec une technologie plus avancée que ses concurrents, soit la production sera relocalisée en Chine au-moins pour le marché chinois sans quoi, quel intérêt pour NEVS de produire avec une valeur ajoutée plus faible que ses concurrents et avec des volumes plus faibles que ses concurrents? Quoiqu'il en soit, en aucun cas, le modèle de production de Saab bas de gamme à Trollhättan n'a le moindre avenir économique et encore moins s'il était exporté vers la Chine. Essayer de nous convaincre du contraire, c'est prendre des vessies pour des lanternes ! Une petite Saab citadine premium serait plus à même de reconquérir les cœurs en Occident qu'une berline familiale bas-de-gamme: Kia-Hyundai-Chevrolet-Qoros-Skoda n'en feraient qu'une bouchée ! Rappelons aussi qu'une nouvelle marque comme Qoros (Israëlo-chinoise) va débarquer avec 7 modèles en portefeuille d'ici 2015, rien que ça! Rappelons que même dans le haut de gamme électrique, Tesla Motors n'a pas encore un modèle économique rentable malgré son chiffre d'affaire en phase de take-off. Rappelons enfin qu'investir dans un réseau de distribution coûte plus cher que la R et D des véhicules. Pour l'heure, aucun réseau de distribution privé n'a encore été établi par NEVS, même pas en Chine. Certes, NEVS dit ne pas avoir encore le produit prêt et prendre contact avec des distributeurs - ça ne coûte rien de le dire... Bref, c'est pas avec la production d'une voiture low-cost par des travailleurs suédois qu'on va faire de la valeur ajoutée.

Dès lors que NEVS sera capable de rentabiliser ses efforts de R et D sur le marché chinois en relocalisant sa production là-bas bien entendu, dès lors que le gouvernement suédois veillera très attentivement à ce que les licences technologiques restent dans le giron du droit des affaires suédois alors Trollhättan pourra entendre à nouveau le son des machines à toute vapeur pour la production de Saab à destination du marché européen et peut-être américain. Cela n'est pas encore fait, certes, mais dès maintenant il faut se résoudre à ce que le salut de Saab passe par la Chine. Désormais la mission du gouvernement suédois est de faire fructifier ses ressources propres, et le seul capital qui ait jamais intéressé les Chinois, c'est le savoir-faire. C'est une mission délicate pour la Suède car elle devra tenir compte des échanges commerciaux avec la Chine. Pour l'heure, s'il est difficile d'envisager la viabilité économique d'une production de voitures à Trollhättan c'est aussi parce que les suédois ont fait le choix post-industriel de ne pas abandonner leur niveau de vie en préservant la valeur ajoutée de leur économie, quitte à indemniser le chômage conjoncturel. Nous connaissons en France les mêmes problèmes : PSA a du retard en Chine et le positionnement de sa gamme européenne est en concurrence frontale avec les fabricants coréens, des sites vont fermer et il y aura sans aucun doute bien plus de 30.000 licenciements en jeu dans les toutes prochaines années. Mais notre capacité à appréhender les marchés étrangers, notre force de vente et notre ingénierie sont nettement plus en avance qu'en Chine : « adapt or die »! Les suédois, eux, sont réputés pour avoir une capacité de résilience plus grande qu'ailleurs. Trollhättan s'en sortira et très bien j'en suis sûr.

La Chine capitalise notamment sur l'une de ses matières premières : la main d’œuvre corvéable en abondance. Elle commence à générer une forte croissance de demande intérieure mais en même temps cette croissance génère des défis sociaux et environnementaux immenses qui semblent nettement plus préoccupants que l'enjeu de la technologie. Au contraire nos économies post-industrielles nous ont permis d'atteindre un tel niveau de vie que notre enjeu économique se limite principalement à entretenir la supériorité technologique que nous avons, dans une économie souple et source de haute valeur ajoutée, donc principalement de services ou avec des industriels qui délocalisent au maximum la production manufacturière. A ce titre, l'une des entreprises les plus rentables de la planète (Apple) nous vend des téléphones haut-de-gamme fabriqués en Chine (le coût de production d'un i-phone est d'environ 130€). Le « savoir-faire » de Trollhättan a selon moi encore de beaux jours, en dépit du choc de la faillite de l'ère économique Spyker-Saab, peut-être pas tant le site industriel que l'ingénierie mais, qui sait précisément ce que nous prépare NEVS?...

mercredi 5 décembre 2012

L'Office National de la Dette devient propriétaire de Saab Automobile Parts

STOCKHOLM --L'Office National de la Dette suédois a annoncé aujourd'hui qu'il a décidé de devenir propriétaire de Saab Automobile Parts AB, une unité de Saab Automobile AB en liquidation.
"Saab Parts est une société indépendante et solide qui fabrique actuellement et distribue des pièces de rechange pour les voitures Saab. Maintenant, la prise en charge de l'état en tant que propriétaires stables a pour objectif de développer l'entreprise", déclare le directeur général Bo Lundgren.

Le Bureau de la dette a également demandé au gouvernement de prendre la décision de transférer les actions au Ministère des Finances et de l'unité propriété de l'Etat. Le produit de la vente de l'entreprise et le revenu de dividendes iront à la réserve de garantie de la dette conformément à la loi de finances et de la réglementation sur les prêts et les garanties.

jeudi 12 avril 2012

L'Ursaab s'est envolée du Musée de Trollhättan!


La première (voiture) Saab ou Ursaab, est le premier véhicule expérimental de Saab. Il a été développé de 1944 à 1946, dans un hagar à Linköping. Ce sont en fait trois véhicules expérimentaux portant les désignations "92.001", "92.002" et "92.003". Ce numéro 92 est un nom de code utilisé par Saab pour désigner ses projets aéronautiques.

1944, nom de code du projet :"Saab 92.001".
Face aux réticences du management de Saab à la vision du prototype,
Ljungström  déclara en 1946 : "si on peut économiser 100 litres de carburant par an,
cela n'a aucune importance qu'elle ressemble à une grenouille"

Pour vous situer à l'époque la proximité réelle avec la branche aviation du groupe Saab, la Saab 92001 succède tout simplement au Saab 90 Scandia et au Saab 91 Safir, deux avions civils.

le premier avion civil de Saab : le "90 Scandia"
issu du projet "90.001 SE-BCA" en 1944

Revenons quelques années en arrière...La menace d'une autre guerre mondiale se faisait sentir dès la moitié des années 1930 et la nécessité d'une défense forte aussi pour la Suède. Si la guerre survenait à nouveau, les forces armées suédoises ne pourraient plus s'appuyer exclusivement sur l'achat d'avions de combat étrangers. La Suède décida donc de fabriquer ses propres appareils et c'est ainsi qu'en 1937 a été créée la SVENSKA AREOPLAN AKTIEBOLAGET, "SAAB", dont la première mission était de fabriquer des avions de combat pour l'armée de l'air.

Mais lorsque la Seconde Guerre mondiale tira à sa fin, Saab a réalisé que la demande pour des jets de combat allait diminuer. En 1944 ont été donc lancés trois projets d'avions conçus pour des temps de paix : un avion de passagers le Saab 90 Scandia, un avion de transport et d'entraînement avec le Saab 91 Safir et, et, et?...


... Enfin, oui, la Saab 92, sur un nouveau marché, qui sera la première voiture - tadaaaa! - née des ateliers Saab.

Le projet 92.001 a impliqué seulement 20 personnes dirigées par l'ingénieur Gunnar Ljungström et le designer Sixten Sason qui a dessiné l'Ursaab et la Saab 92. Un modèle à l'échelle 1:10 a été testé en soufflerie à l'Institut suédois royal de technologie et a donné un coefficient de traînée Cx de 0,32, un chiffre impressionnant, même pour les normes d'aujourd'hui.


Les plans préliminaires pour le corps de la voiture ont été achevés en janvier 1946 et un modèle à grande échelle poli au cirage à chaussures noir (sic), a été achevé le 15 Avril. Le modèle grandeur nature a été observé avec certaines réserves par le management de Saab mais Ljungström soutenait ceci : "... si l'on peut économiser 100 litres de carburant par an, cela n'a acune importance qu'elle ressemble à une grenouille". D'où notre vénérable adage saabiste : "la forme suit la fonction" ;)

Au commencement du projet 92, le directeur d'étude Bror Bjurströmer analysa les contraintes de départ, puis donna le cahier des charges technique :
  • Châssis monocoque autoporteur (solidité)
  • Masse maximale de 800 kg
  • Traction (tenue de route sur neige)
  • Moteur 2 temps (économique) en position transversale (sécurité)
  • Finesse aérodynamique (économie d'énergie)

N'ayant aucune expérience en ingénierie automobile, la légende ajoutant même que seuls deux ingénieurs possédaient le permis de conduire, l'équipe démarre par une campagne de documentation discrète, le projet étant secret. Des visites infructueuses sont d'abord effectuées à IK Nyköpings Automobilfabrik, qui ne faisait que de l'assemblage. La documentation publique existante n'offrait pas davantage d'informations, tout au plus une description de concepts d'avant-guerre. L'équipe s'oriente alors vers l'analyse directe, en achetant et décomposant divers modèles existants : Opel Kadett, VW coccinelle, Hanomag, DKW… Les éléments sont testés, comparés, seuls les meilleurs étant retenus pour le prototype.

Dès ses origines, Saab s'est distingué. L'histoire veut que sur 20 ingénieurs recrutés pour le projet, certains étaient directement issus de l'aéronautique et les connaissances techniques des autres en matière de construction automobile était assez peu étendues. C'est cette innocence première qui a soufflé dans les ateliers de Linköping l'histoire de Saab Automobile et sa culture d'entreprise "think different". Traction avant et chassis monocoque n'étaient pas du tout une évidence technique pour l'époque.
Gunnar Ljungström, ingénieur en chef chez Saab passe une entrevue avec un candidat pour un nouveau post.
Ljungström: "Avez-vous déjà conçu une voiture?
Le candidat à l'emploi: - Non, monsieur, mais je peux dessiner une aile d'avion.
Ljungström: - Parfait, vous êtes embauché!"
Lors de l'été 1946, le corps du premier prototype était prêt. Il abritait un moteur transversal de 18 cv (13 kW) à deux cylindres et deux temps. A l'hiver de 1946, un journal suédois a indiqué que l'Ursaab avait "... défié tous les efforts de son pilote pour la détruire."

En 1947, le site de Trollhättan a été transformé pour permettre la construction de voitures et de ceux qui travaillent sur le projet de 92 déplacé de Linköping.

Les voitures jumelles dénommées 92.002 et 92.003 ont été conduites sur tous les types possibles de surfaces routières et avec la 92.001, elles cumulèrent plus de 530.000 km - l'équivalent de 13 voyages autour du monde. C'était, là encore, l'aube de la rigueur des tests de fiabilité mécanique dont la culture d'entreprise de Saab peut s'enorgueillir et dont, 40 ans plus tard, la célèbre épreuve de la piste de Talladega pour la Saab 9000 en 1986 s'est fait l'écho médiatique...

Le 10 Juin 1949, après des tests approfondis de 20 prototypes de pré-production 20, le lancement commercial de la Saab 92 a été annoncé à la presse et au public à Trollhättan.
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Aujourd'hui, l' UrSaab se trouve encore dans le musée Saab à Trollhättan. Stop! Elle a disparu! ^^ Oui, l'Ursaab est repartie à Linköping! Pas-de-panique, Eh eh eh...

Si l'Ursaab a effectivement quitté son Musée à Trollhättan, c'est pour aller participer temporairement aux festivités des 75 années de la création du groupe SAAB AB qui expose son histoire au Musée de l'armée de l'Air à Linköping.

La Saab 92.003 dite "UrSaab" à côté du Saab 91 Safir,
en ce moment au Musée de l'Armée de l'air à Linköping,
pour les 75 ans de SAAB AB

C'est un intérêt historique pour SAAB AB, le groupe de défense aéronautique suédois que de pouvoir retrouver en ce moment, pour son 75ème anniversaire, la première voiture que ses ingénieurs aient conçu.

Mais c'est surtout un symbole magique pour Saab Automobile AB qui, bien que coupée en ce moment-même de son droit de vivre par ses anciens propriétaires, retrouve là-bas dans cette exposition à Linköping, ses racines, sa place, son souffle, son acte de naissance. Comment ne pas voir dans ce retour à la source un désir de continuer l'aventure, n'est-ce pas?

L'exposition de l'histoire du groupe de Défense aéronautique suédois SAAB AB se terminera dans un mois.

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  • Site du musée de l'Armée de l'Air à Linköping ici
  • Source pour le résumé de l'histoire de l'Urssab : Saabmuseum.com
  • English article about the 75th anniversary  of Saab Ab celebration in LKP on Saabworld

jeudi 15 mars 2012

Des Saab 9-3 en piste pour les championnats TTA de Suède

Un peu de dynamite pour attaquer la cote avec cet hommage suédois qui s'annonce vrombissant :)
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Malgré les récents événements, Saab continue de vivre avec le développement de quatre Saab 9-3 pour le TTA (version Griffin) - le championnat de la ligue Elite en Suède (Elitserien i Racing).
Flash Engineering et l’équipe autour de Tidö lance de cet hommage à l'histoire de Saab.

Jan "Flash" Nilsson, Mattias Andersson, Linus Ohlsson et quelques pilotes non encore divulgués représenteront Saab sur les pistes pour prendre la lutte contre Volvo, BMW et Citroën dans la série voitures de course.
J'ai manqué depuis 40 ans de voir le duel entre Saab et Volvo sur circuit. Cet été, ce jour est enfin arrivé, et mon plus grand rêve est que tous les fans de Saab en Suède se rendent à ces compétitions TTA et nous encouragent, nous dit Jan "Flash" Nilsson. 
J'ai eu vraiment une impression du genre :"wow!" quand j'ai vu que Saab serait sur le circuit du TTA pour la première fois. Ce sera tellement amusant de rivaliser avec une marque suédoise, et surtout de faire repartir le duel Saab-Volvo qui existe depuis que je suis petit. J'ai vraiment hâte de la saison à venir, et encore plus maintenant, dit Mattias Andersson.
 
Ça va être vraiment cool de rivaliser avec Saab, une marque qui a toujours été spéciale pour moi. C'est un sentiment très fort d'entrer dans cette compétition avec l'équipe d'élite de Tido et Flash Engineering cette année. Je ferai de mon mieux pour offrir d'excellents résultats, dit Linus Ohlsson. 
Nul besoin d'être très patriotique pour souffrir avec Saab et leurs employés. Au cours de mes années dans le sport automobile, j'ai eu le privilège de rencontrer un grand nombre de pilotes de course sur Saab comme Stig Blomqvist, et d'autres. Ces stars m'ont décrit l'importance de Saab dans le sport automobile. J'ai plus de plaisir de concourir avec une Saab au TTA. Saab a dirigé une grande partie de la mise au point de voitures dans le monde et, maintenant avec l'équipe de Tidö et ses partenaires du TTA, dans l'évolution de premier plan du sport automobile suédois, a déclaré David von Schinkel, président l'équipe Tidö.
Je suis très fier d'avoir fait partie de SAAB. Je pense que l'initiative de Flash Engineering de faire honneur à Saab avec une voiture de course est fantastique et vous comprenez ce qu'il y a beaucoup d'émotions autour de Saab dans l'ensemble de la population suédoise, a déclaré Jan-Ake Jonsson, directeur général de Saab Automobile AB de 2005 à 2011. 

Saab Parts AB, qui continue de vivre, sponsorisera et aidera l'équipe de Flash Engineering et Tidös pendant la saison.
Nous pensons que c'est un défi fantastique et c'est un vrai plaisirde voir que l'équipe Tidö-Flash Engineering honorent Saab Automobile par cet hommage. C'est aussi une bonne occasion de montrer que nous sommes vivants et de prendre soin des voitures Saab dans 160 ateliers à travers tout le pays, dit Thomas Sundstrom, directeur du SAV Saab suédois, Saab Parts AB.
Nous avons fait un voyage fantastique avec Saab au fil des ans et ce serait incroyable de voir Flash Engineering et l'équipe Tidö emporter des succès sur les circuits de course cette année avec Saab. Nous sommes très heureux en effet que Saab soit représentée dans le TTA cette année et nous allons les suivre de près, a déclaré Peter Hallberg, président de l'association des distributeurs Saab. 
David von Schinkel, Psdt de la Team Tidö, och Jan ”Flash” Nilsson, vd Flash Engineering 

Saab dans l'histoire du sport automobile
  • 1962 - La première victoire de Monte-Carlo - Erik Carlsson Saab 96
  • 1973 - La première victoire WRC - Stig Blomqvist - Saab 96 V4
  • 1979 - La première voiture turbo gagnante dans la CMR - Stig Blomqvist - Saab 99 Turbo
  • 1984 - Le première titre de RallyCross - Anders Norstedt - Saab 900
  • 1997 - Premier titre de Champion de Rallycross - Per Eklund - Saab 900
  • 2000 - La victoire de Pikes Peak - Per Eklund - Saab 9-3
(à compléter avec le palmarès sur le site saabmuseum)


Saab a une longue tradition dans le sport automobile qui a commencé avec les premiers modèles dès les années 50. Erik Carlsson, surnommé "sur le toit" a été l'un des premiers pilotes avec beaucoup de succès au niveau international pour Saab, dont deux victoires dans le rallye de Monte-Carlo.
Cela me réchauffe le coeur que Saab continue à vivre sur les circuits de rallye cette année. Que de beaux souvenirs que j'ai avec Saab et autant que Saab a été et est encore vivant autant les suédois sont heureux de voir qu'il y a des passionnés qui brûlent encore cet amour fort pour Saab, a déclaré Erik Carlsson, "Sur le toit". 
Trois autres grands champions qui ont été couronnés de succès avec Saab au fil des ans, Stig Blomqvist, Per Eklund et Ake «brasseur» Andersson.
Sans Saab et leur aide, je n'aurais pas été ce que je suis dans le sport automobile. Saab a été chef de file dans le développement de la technologie des voitures. Ce qui se passe en ce moment, c'est vraiment ennuyeux. Par conséquent, nous sommes particulièrement heureux que le TTA grâce à Flash Engineering et l'équipe de Tido relève Saab. Qui sait, peut-être mon fils Tom Blomqvist (pilote dans les programmes jeunesse F1 Team McLaren) peut rouler avec Saab un jour futur, dit Stig Blomqvist, le champion du monde de rallye 1984
Mon coeur brûle pour Saab, dès maintenant, je travaille sur la préparation de deux des voitures Saab pour les Etats-Unis, alors bien sûr Saab vit pour moi. Il est gratifiant de voir que Flash Engineering et l'équipe Tidö fasse un geste aussi radical parce que ce sont surtout les nouvelles négatives qu'on entend à propos de Saab en Suède. Bonne chance avec le TTA, a déclaré Per Eklund, champion d'Europe Rallycross de 1999 
Saab a fait beaucoup pour moi et ma carrière. Cela fait chaud au coeur de voir relever Saab à travers un "tribute2saab". Merci pour ma participation à l'équipe Tidö dans la course historique, j'ai pu suivre de près ce projet et il est très impressionnant. Aussi étonnant que Jan "Flash" Nilsson aide et soutienne cet investissement, cela est vraiment nécessaire. Ce sera intéressant de suivre la TTA, a déclaré Ake «brasseur» Smith, vainqueur du Rallye de Suède 1966 pour Saab.

Flash engineering et l'équipe Tidö devraient pourvoir tester la voiture pour la première fois dans un lieu secret la semaine prochaine.

Site du TTA Elite Racing League
English translation in TimR's post on SU.COM