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jeudi 23 janvier 2014

Quand le passé de Saab affame les uns, nourrit parfois les autres


Spyker, Saab Automobile et maintenant Beherman


L'an dernier (articles du blog ici, ici et ici) Spyker NV et Saab Automobile (via ses administrateurs) ont entamé un procès aux Etats-unis (actuellement en phase d'appel). Leur action vise à demander à General Motors (GM) réparation pour le préjudice que ces deux sociétés avaient subi par un refus tardif et fallacieux de General Motors de négocier toute transaction dans la montée minoritaire au capital des chinois Pangda et Youngman, refus qui démontrerait que jamais General Motors n'avait entendu donner au repreneur de Saab la moindre chance de réussir.
Si les protagonistes ont fondamentalement raison sur le comportement de GM, leurs chances d'aboutir et de se voir verser les 1,8 Mds d'Euros réclamés sont minces devant des juges américains et pour différentes raisons: patriotisme économique des juges, idéologie prégnante du libéralisme en affaires pour l'essentiel.

Déjà attaqué sévèrement sur ses marchés asiatiques par VAG et TOYOTA, bien que sauvé grâce au contribuable, le groupe américain General Motors n'a jamais su décoller avec ses marques européennes - le petit cas de Saab, marque de niche premium ne fut, à bien compter, de loin pas le plus coûteux pour GM. L'absence de stratégie produits ou de marque (Chevrolet made in Korea, la pénurie d'investissement puis le quasi-assassinat de Saab Automobile et, enfin, la tentative manquée d'alliance technologique avec PSA) a tourné court en Europe.

Finalement, le 5 décembre dernier, après avoir appris que son alliance avec PSA ne pourrait pas aller plus loin (montée d'un concurrent chinois, Dongfeng, au capital de PSA), General Motors prend tous les distributeurs de court en annonçant qu'ils arrêtent la distribution de Chevrolet en Europe d'ici fin 2015! Vous étiez distributeurs Saab, vous investissez en 2008 dans des concessions aux normes "Unlimited", on vous plante en 2009, on fait semblant de vous faire grâce en 2010, on vous replante fin 2011 et on vous cloue fin 2013 si jamais vous espériez vous en sortir avec Chevrolet. Diable! où avais-je la tête?! Il y a Opel qui va décoller avec le doublon Adam de la 208 et Cadillac avec ses moteurs à 20l/100 en ville!

Et, vous ne savez pas tout: aujourd'hui GM fait tout pour que les distributeurs Chevrolet fassent tomber le panneau le plus vite possible en leur proposant des arrangements déclinés en 2 temps: soit vous terminez de vendre des Chevrolet fin mars et on vous indemnise à tant par voitures vendues, soit vous terminez plus tard et on vous réduit l'indemnité par voiture vendue (forcément au rabais vu la pub d'enfer): lire à ce sujet l'article de l'Argus qui résume bien la stratégie de négo. Tout ceci risquerait fort de se finir devant un Tribunal mais General Motors qui connaît bien la situation financière critique des distributeurs Chevrolet en Europe: "vous voulez de l'argent maintenant ou dans 10 ans?"...
Je souhaite bien du plaisir à ceux qui prennent un nouveau panneau Opel - ou Cadillac!^^

Voir ainsi GM négocier la sortie de Chevrolet alors que les concessionnaires Saab n'ont eu que les yeux pour pleurer, de voir que finalement aussi la reprise de Saab par Spyker n'était peut-être qu'un leurre pour sortir sans avoir à indemniser le réseau, Réaliser définitivement que les quelques actifs restants repris par NEVS ne pourront probablement jamais déboucher vers un retour de Saab sur le marché européen, ... Autant d'éléments qui ont dû tournoyer dans l'esprit des dirigeants de Beherman. Le plus grand ex-importateur Saab en Europe, qui vient de reprendre le réseau français de fournitures de pièces détachées Saab,ORIO AB - doit aussi rencontrer quelques difficultés avec sa nouvelle marque Mitsu, c'est sûr...

Ceci explique peut-être que le Groupe Beherman ait annoncé le 20 janvier dernier poursuivre General Motors auprès de la justice néerlandaise. Umberto Stefani, attaché de presse du groupe belge résume ainsi la faute reprochée:
"GM n'a donné aucune probabilité de réussite à la vente de Saab à Victor Muller"

Cette annonce fait en réalité suite à un article de presse suédois édifiant, paru le 14 janvier dans Svenska Dagbladet, journal qui a révélé une interview de Carl-Peter Forster, ancien n° 1 de GM Europe (aujourd'hui consultant pour Tata Motors):
"Mon Dieu! GM n'avait pas investi dans des développements pour Saab en douze ans. Quand je suis arrivé en 2005, je l'ai dit: nous devons investir 2 milliards de dollars très rapidement. Nous devons faire quatre nouveaux modèles."
Carl-Peter Forster,
ancien n°1 GM Europe
Les efforts précédents, telle la version SUV du modèle 9-3, avaient été mis au rebut par GM à la dernière minute, dit Forster. En 2005, la même année Jan Åke Jonsson, qui a succédé à Peter Augustsson en tant que président de Saab Automobile, avait commencé alors la bataille entre Trollhättan et Rüsselsheim (Allemagne) comme lieu de production, afin que Saab suive un plan d'affaires digne de ce nom, selon Carl Peter Forster. Mais la grande crise financière n'arrivera que quelques années plus loin, dans les vagues de la tempête qui a pratiquement tout fait chavirer.

Dans l'interview, il résume ce qu'il a appris de l'histoire de Saab par le texte suivant:
- J'ai appris une leçon: Si vous ne vous ne vous concentrez pas sur le développement de produit, ça ne peut pas marcher."
Et Peter Forster de conclure que le cas de Ford se séparant intelligemment de Jaguar-Land Rover avec Tata aurait pu arriver à Saab qui avait 2 modèles (9-5 et 9-4X) préparant le renouveau, la 9-5 SportCombi (Estate) ayant à peine eu le temps de voir le jour...

Nul doute que cet article a donc inspiré le distributeur belge:
"GM savait que Saab aurait besoin d'autres investisseurs quand ils ont vendu la marque à Victor Muller mais ils ont dit non à toutes les entreprises qui ont essayé d'investir dans la marque. Nous avons fait des pertes importantes au moment de la faillite de Saab." a déclaré Umberto Steffani pour Behermann, le 20 janvier dernier.
Il fait un parallèle avec la vente de Ford de Volvo.
- Ford a agi d'une manière dont ils ont essayé d'assurer la survie de Volvo. Nous croyons que GM avait une responsabilité pour ce qui s'est passé à Saab."
Le processus judiciaire aux Pays-Bas sera assez long. Mais visiblement ils veulent aller jusqu'au bout maintenant.

Ce qui m'étonne, c'est que des distributeurs comme Behermann se soient laissés berner par GM et qu'ils aient mis tant de temps à réagir. Quelle est aujourd'hui leur stratégie, que se passe-t-il derrière le rideau? Sur le fond, il est en toute honnêteté difficile de ne pas se rallier aux reproches qu'ils formulent. Les affaires sont les affaires jusqu'à un certain point...

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BMW perd contre Orio AB (anciennement Saab Automobile Parts AB)


Saab Parts, maintenant Orio, est sorti victorieux d'un différend juridique avec BMW. Le tribunal de district a statué en partie à décharge et a condamné BMW à payer les frais de justice (260.000€). BMW n'a jamais été payé d'une facture de 2 millions d'euros pour des moteurs livrés à Saab Automobile. Sa filiale de pièces détachées, tierce partie au contrat entre BMW et Saab Automobile, n'a pas à être solidaire des dettes de sa maison mère a donc entériné le Tribunal. Espérons avec ce jugement que maintenant Orio pourra distribuer et faire sous-traiter au besoin la fabrication des ponts XWD, volants moteurs, GPS et autres pièces manquantes à délai inconnu dans le réseau!

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Vladimir Antonov extradé vers la Lituanie par les juges anglais

L'homme d'affaire russe et partenaire financier de Victor Muller (Spyker) a été extradé par des juges anglais (lesquels ne se sont pas prononcés sur le fond). Le soupçon du côté lituanien est que Vladimir Antonov et Raimondas Baranauskas aient transféré illégalement l'équivalent d'environ 430 millions d'Euros de Snoras Bank par diverses manipulations vers deux comptes bancaires suisses. En outre, ils auraient falsifié des documents pour cacher les transactions. Aucun rapport avec Saab clairement mais il fait partie de l'histoire Saab ce Monsieur puisque l'on sait que ses sous ont aidé Victor Muller dans le rachat de Saab par Spyker.

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Jan Ake Jonsson a toujours le fisc suédois aux fesses

On lui reproche d'être complice d'une fraude fiscale sur son salaire et celui d'autres cadres dirigeants en ce qu'ils ne cotisaient pas aux caisses sociales mais se faisaient facturer de la prestation de conseils. Comme le gouvernement suédois est loin d'être blanc dans l'échec de Saab, je peux comprendre la procédure en cours qu'il encourage sans doute et dont je vous avais déjà parlé l'an dernier. Du reste, ça n'a pas de rapport avec la faillite de Saab mais ça nourrit les inspecteurs des finances.

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Les liquidateurs ne connaissent pas la crise

Les coûts de la faillite de Saab Automobile continuent à grimper. L'administrateur Kent Hägglund  réclame la somme supplémentaire d'environ 360.000 Euros selon P 4 West pour sa rémunération est six mois de mai à octobre 2013.

Auparavant, les syndics de faillite, Anne-Marie Pouteaux et Hans Bergqvist,  avaient demandé un peu plus de 1,75 millions d'euros pour la même période.

Si le tribunal approuve les dernières exigences, le montant total des honoraires que les liquidateurs judiciaires auront perçu à ce jour sera d'environ 1,8 millions d'euros.

Pour certains donc, la crise a du bon.

mardi 4 décembre 2012

GM destructeur industriel professionnel


Le rapport des administrateurs de Saab - réparties sur 50 pages - n'a apporté aucune surprise. Les problèmes de Saab dans les années 2010 et 2011 sont connus. Trop peu de liquidités, les marges sous pression, pas assez de ventes sur des marchés clés. Que la situation était difficile déjà en 2010 et que la déclaration de mise en faillite aurait dû être faite plus tôt plus tôt, en Suède, il y a consensus.

Un nouvel éclairage sur les mois dramatiques est apporté par les révélations de Jan Åke Jonsson au journal TTELA . La bataille fait rage dans les coulisses déjà, à l'heure où Jonsson et Muller fêtent le Jour de l'Indépendance avec les nouveaux modèles Griffin. Combien de drame se sont déjà déroulés pendant des mois passés, nous ne pouvons que le deviner en tant qu'observateurs.
Déjà en 2010, l'ancien PDG de Saab,pour le compte de Saab avait augmenté le passif de GM à 3,7 milliards de couronnes, et en Février 2011, 220.000.000 couronnes ont été ajoutés. Le 10 Février Jonsson s'est rendu à Detroit avec son directeur financier Rob Schuyt, dans l'espoir d'une solution à la situation difficile. Déjà, dans les mois précédents, GM avait fait preuve de genérosité en termes de paiement, et la délégation Saab espérait les fonds de la réserve pour les garanties de voitures neuves sur le marché américain.
Le 24 Février, un jour après les célébrations de la Fête de l'Indépendance à Trollhättan, Saab a fait l'objet d'une réunion interne à GM. Il est probable que c'est à l'issue de cette réunion, que JAJ s'est retrouvé "puni" et qu'il fut décidé d'arrêter toutes les livraisons et tous les accords de développement avec Saab jusqu'au paiement intégral des créances. Pour l'avenir, les livraisons sont seulement avancées.
La direction de Saab a été cueillie quatre jours plus tard par les nouvelles de Detroit . Les espoirs pour une solution à l'amiable bel et bien morts. Le 1er Mars GM a cessé ses activités européennes , y compris Opel à Kaiserslautern,qui fournit des pièces à la Suède. Le lendemain, à Trollhättan a eu lieu une réunion d'urgence, et il était possible pour les gestionnaires de Saab de parvenir à une solution avec GM. Toutes les livraisons futures devraient être payées cash immédiatement et les créances gelées jusqu'à la fin du mois de Mai . 
Rob Schuyt et la direction ont accepté de garder le secret, mais la situation à l'usine s'était répandue même parmi les autres fournisseurs.Le service des achats chez Saab a alors, reçu des questions critiques de la part des fournisseurs.
La menace immédiate de GM semblait fasciné, mais lors d'une réunion le 30 Avril il a également été constaté que le montant des titres de créance GM de la part d'autres fournisseurs équivalaient à un montant de 350 millions de couronnes. Pendant ce temps, la situation était devenue plus difficile, puisqu''à la fin d'Avril 100 nouveaux véhicules ne pouvaient être assemblés en raison du manque de pièces , et le prestataire logistique Schenker a commencé à retenir sur la base de composants les factures restées payées .
Le 5 Avril, il y avait déjà 400 Saab, qui, en raison de l'absence de composants, n'ont pu être terminées, et la gestion Saab a décidé d'arrêter la production pour résoudre les problèmes financiers. Le résultat est connu. La production a été arrêtée, les ventes au point mort. 
La direction de Saab placait alors des espoirs désespérés en Antonov et la BEI. En vain, comme nous le savons aujourd'hui. Le 19 mai 2000 fournisseurs de Saab réclamaient 1,38 milliards de couronnes, sans les exigences de GM. La production a recommencé peu de temps,et le 26 Mai a été, par manque de composants,  interrompue à plusieurs reprises. Le 9 Juin les bandes de Saab les lignes de productions s'arrêtent. Forever.
Jonsson a longtemps été gestionnaire chez GM, et ceux qui le connaissent le décrivent en bon suèdois  comme autoritaire et très réaliste. Sa résignation apparaît donc sous un jour nouveau. Les problèmes avec GM et les principaux fournisseurs suèdois, font de la lutte de Saab  une bataille perdue. Une entreprise de cette ampleur sans l'instrument principal qu'est le financement des fournisseurs est impossible. Même les plus grands constructeurs européens ne peuvent obtenir de leurs fournisseurs des délais de paiements à rallonges. 
GM s'est comporté de façon destructive, dit Jonsson, et il a peut-être raison.Une certaine compréhension et générosité n'auraient pas empéché la catastrophe. Saab aurait eu besoin d'un partenaire industriel solide avec beaucoup de patience. Alors peut-être que le tant attendu Saab 9-5 Sport Combi serait entré en production et que les ventes se seraient améliorées.
Le problème, cependant, trouve ses racines dans les traités, qu'entre autres Jonsson avait négocié avec GM. Parce que GM n'a jamais été une société uabhängiges appelé Saab. GM veut économiser sur les coûts de la fermeture de l'usine et la rupture des contrats des anciens employés . Ainsi il y a fort à parier qu'à Detroit une palette de champagne fut commandée en Février 2011..Opération réussie, mort du patient




Credit photo : Armando Fun Car

jeudi 15 mars 2012

Un nouveau job pour Jan Ake Jonsson

Il y aura un an le 25 Mars prochain que JAJ démissionnait de son poste de directeur de Saab Automobile AB.
Depuis il s'était fait très discret .
Mais sa carrière pourrait prendre un nouvel envol puisqu'il s'est vu proposer un siège au conseil d'administration de Vattenfall , société d'état liée à la production d'énergie .


Source Vi Bilägare / Credit photo Saablog-in .


mercredi 8 juin 2011

The "Remember JAJ" collection available on the Saablog-in's shop

Son départ a été eclipsé par l'arrèt de la production et la quête d'argent par Victor Muller en Chine . Et pourtant il restera dans la mémoire de tous les saabistes .Il sera toujours le symbole du sauvetage de Saab à l'heure où GM voulait liquider l'entreprise .Une entreprise qui lui a permis de s'accomplir depuis son arrivée en 1973 .Il merite donc bien qu'on lui rende un petit hommage et vous proposons une petite collection d'articles à son effigie dans notre boutique en ligne . Une collection que l'on elargira bientôt .

His departure has been eclipsed by the halt in production and the pursuit of money by Victor Muller in China. And yet he remains in the memory of all the Saab enthusiats around the world .He will always be the symbol of Saab salvage at a time when GM wanted to liquidate the company. A company where he has accomplished hiself  since his arrival in 1973. He deserves so much that he makes a small tribute and offer you a small collection of items to his effigy in our online store. A collection that will be expanded soon.